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Les écoles supérieures françaises face au défi de l’international

La dimension internationale existe depuis la création des premières écoles supérieures en France. Elle était, toutefois, considérée comme un luxe accessible à une petite minorité d’étudiants issus des milieux aisés. Suite à la signature du traité de Maastricht et la construction de l’Union  Européenne, l’internationalisation s’est développée au point de devenir, désormais, incontournable dans l’enseignement supérieur. Cette tendance s’est notamment accrue grâce au processus de Bologne, le développement fulgurant des technologies de l’information et de la communication, la mondialisation, ainsi qu’aux programmes européens tels qu’« Erasmus ». Crédits ECTS, réseaux européens et internationaux, programmes en langue étrangère, professeurs invités, colloques internationaux, … L’internationalisation est, aujourd’hui, au cœur des missions de l’enseignement supérieur, à savoir l’enseignement, la recherche et le service à la collectivité.

Pourquoi intégrer une école supérieure à vocation internationale ?

Depuis quelques années, la dimension internationale d’une école supérieure est devenue un élément de choix essentiel. L’expérience a montré que les étudiants qui évoluent dans un campus ouvert à l’international, qui leur offre la possibilité de côtoyer des étudiants et des professeurs de différentes origines et nationalités et de constituer des groupes de travail interculturels, réagissent mieux et évoluent rapidement dans des environnements professionnels cosmopolites.

La mobilité des étudiants, à travers des stages et des séjours académiques à l’étranger, est également devenue un critère important pour les étudiants en quête d’une école supérieure jouissant d’une bonne réputation et dispensant une formation de qualité.

Dans un contexte marqué par une concurrence ardue, les écoles supérieures tablent sur l’international pour recruter plus d’étudiants nationaux et internationaux. C’est le cas notamment des écoles de commerce et de management qui multiplient les accords de double diplôme et autres partenariats académiques avec leurs homologues à l’étranger. Désormais, pour décrocher un poste dans une entreprise, il est nécessaire d’avoir un minimum de bagage linguistique doublé d’une expérience probante réalisée à l’extérieur de la France.

Espérer évoluer dans un environnement professionnel, de plus en plus investi par la globalisation, sans pour autant être en mesure de justifier d’une bonne connaissance d’autres cultures, relève plutôt de la chimère. Autrement dit, pour qu’un candidat puisse convaincre les recruteurs les plus récalcitrants du bien-fondé de sa candidature, il doit présenter un profil adaptable, polyvalent, ouvert sur d’autres cultures et d’autres modes de pensée.

Les profils internationaux, la cible N°1 des employeurs

Aux yeux des employeurs, un profil international est synonyme d’ouverture d’esprit, de capacité à s’adapter rapidement à un environnement multiculturel et d’importantes aptitudes linguistiques et culturelles. Les écoles supérieures ont compris l’importance du contact quotidien avec les cultures étrangères et la compréhension du comportement dans les affaires pour l’avenir professionnel de leurs étudiants et ont placé, par conséquent, ce volet au cœur de leur stratégie de formation au business international.

Aujourd’hui, les profils internationaux ont toutes leur place dans la vie active et parviennent à accéder à des postes à responsabilité et gravir les échelons, et ce tout au long de leur parcours professionnel. Pour parvenir donc à préparer des profils dotés de toutes ces qualités, les écoles supérieures se tracent pour objectif de développer la diversité culturelle de leurs promotions mais également de leurs campus. Ces derniers sont transformés en de véritables lieux d’échange, de débats d’idées et de rencontre entre étudiants de différentes nationalités. Ce « nationality mix » s’avère une aubaine pour les diplômés qui préfèrent débuter leur carrière à l’étranger.

Les business school de par le monde se livrent à une concurrence acharnée pour prendre le dessus sur ce marché juteux. Dans cette optique de compétition, les écoles supérieures françaises doublent d’effort en s’orientant davantage vers l’international via des conventions bilatérales, une offre de doubles diplômes de type MBA, MSc, Maestria, etc., des échanges académiques, des parcours attractifs dédiés spécifiquement aux étudiants étrangers, des projets de recherche internationaux ou encore des programmes anglophones. Plusieurs écoles françaises ont décidé d’ouvrir directement des campus dans les principaux pays exportateurs d’étudiants, notamment en Asie et en Amérique du Sud, d’autres ont délocalisé leurs formations.

Des cursus anglophones

Les contenus académiques sont d’importants indicateurs du niveau d’internationalisation de l’école. Désormais, pratiquer une deuxième langue (au moins) est un impératif pour être en mesure de démarrer une carrière à l’international. Une grande ouverture à l’international passe par la mise en place de cours de géopolitique et d’économie internationale, d’Histoire mondiale, etc. Les contenus à portée culturelle, les cours de civilisation et de culture générale comparative sont des indicateurs à prendre en considération. Les cursus qui font la part belle aux langues, y compris celles considérées comme rares comme le mandarin, le portugais, l’arabe, le japonais, le ressue ou encore l’hébreu, sont à privilégier. A noter que les scores exigés au TOEFL ou au TOEIC permettent aussi d’évaluer le degré d’exigence des écoles en matière de langues.

Les enseignements anglophones ne cessent de se multiplier, ce qui est tout à fait normal dans un monde où la langue de Shakespeare s’impose dans les affaires. Les écoles sont donc dans la nécessité d’adapter leurs enseignements à cette réalité.

Accréditations internationales

Les accréditations internationales constituent de véritables enjeux pour les écoles supérieures françaises, puisque ces labels servent d’indicateurs pour les parents et les élèves qui souhaitent choisir une institution qui propose des programmes de qualité et délivre des diplômes prisés par les entreprises, aussi bien en France qu’à l’étranger.

  • Le label AACSB (Association to Advance Collegiate Schools of Business) rassemble les plus prestigieuses écoles de management en Amérique du Nord. Au niveau mondial, seuls 5% des établissements, dont 18 en France, peuvent se targuer d’être distingués par ce label.
  • Quant à l’AMBA (Association of MBAs), il accrédite des programmes et des établissements d’enseignement supérieur jouissant d’une reconnaissance à l’échelle internationale.
  • Le label EQUIS (European Quality Improvement System) reconnaît la qualité de l’enseignement et de la stratégie adoptée, l’efficacité de gestion des ressources financières, le niveau du corps professoral, les projets de recherche, l’ouverture internationale, le réseau de partenaires et de la sélectivité au concours. Quelque 16 écoles de commerce françaises figurent parmi les 143 business schools mondiales accréditées EQUIS.

En développant leur dimension internationale, les écoles supérieures françaises peuvent se permettre d’offrir à leurs étudiants un environnement et des conditions propices à l’acquisition de la légitimité et des compétences requises pour une carrière internationale, à travers notamment un cursus de formation incitant à la découverte de méthodes, de cultures et de sensibilités différentes, et susceptible d’enrichir leur parcours professionnel à venir.